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Collins, ou le bonheur frôlé de Terrienne Jean-Louis

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"Collins ou le bonheur frôlé" de Jean-Louis Terrienne

commentairede Michèle Paret » 20 Nov 2008, 18:12

L'analyse de Michèle Paret :

Une grande partie des personnes qui fréquentent le site appartient à cette génération qui a vécu en direct la course effrénée que se livraient à l’époque les Américains et les Soviétiques dans la conquête de l’espace… Une période bien lointaine et révolue. Marcher sur la lune, à l’époque actuelle : est-ce vraiment essentiel ? Et pourtant, nous l’avons attendu, ce moment pathétique.
Ils étaient trois, pionniers de l’espace, partis conquérir des horizons nouveaux, réaliser ce vieux rêve de l’humanité Neil Armstrong et Edwin Aldrin seront les heureux élus. Quant au pauvre Michael Collins, il sera le
« dindon de la farce ». Toute sa vie il restera l’éternel frustré et on peut aisément le comprendre. « Un petit pas pour l’Homme et un grand pas pour l’Humanité »… Il aura simplement eu le droit de voir ses deux compères marcher sur la lune, alors que lui, il restait aux commandes de la capsule. De quoi avoir des regrets éternels… Parle-t-on en médecine de syndrome de Michael Collins ?
Je trouve que le parallèle avec le héros de Maupassant est fort judicieux. Et pourtant, le personnage n’a rien d’un héros, il est plutôt un homme malheureux qui vivra dans le souvenir d’une occasion manquée. Ne pas avoir franchi le pas, cependant, c’est plus ou moins une volonté de sa part, un choix, ou plutôt une marque de timidité.
Pour certains spectateurs, le rapport est peut-être lointain, encore que… Pour moi, le rapprochement entre les deux personnages est inattendu et fort judicieux. Le sentiment de frustration est le même pour les deux hommes. Le récit de Maupassant a sans doute évoqué pour plus d’un homme des souvenirs et des désirs inassouvis… Est-ce pour l’auteur une histoire vécue ?
Au départ, on s’engage sur une fausse piste, comme souvent avec Jean-Louis. On pense qu’il va y avoir un reportage sur ce fameux exploit des trois astronautes. Et puis, pas du tout, on s’embarque pour une histoire beaucoup plus réelle. Une histoire banale, au fond qui pourrait arriver tous les jours. L’ambiance à la Maupassant est bien sensible, vie de la petite bourgeoisie de province, avec sa demeure propre et nette, les rideaux, les vues en noir et blanc. Je remarque au passage que Jean-Louis dispose d’une édition La Pléiade, marque d’une certaine classe… Les vues en couleur de campagne et bucoliques sont assez banales, ça on peut le regretter.
Quant à la musique, elle me semble judicieusement choisie. « Le beau Danube bleu » employée dans
« 2001 odyssée de l’espace », ça s’imposait. L’autre morceau : « Mysteries of love », ce n’est pas un hasard, non ? La voix est, elle aussi, convaincante et en adéquation avec le texte.
Comme toujours, chez Jean-Louis rien n’est laissé au hasard.
Michèle Paret
 

Re: "Collins ou le bonheur frôlé" de Jean-Louis Terrienne

commentairede Louijean » 22 Nov 2008, 02:34

Voilà, je viens d'imprimer cette analyse de Michèle qui comme toujours enrichira mon "press-book" personnel.. Histoire vécue ? Bien sûr, comme tu le sais je suis un diaporamiste "chroniqueur"... et puis,tous les jours on frôle qqchose, des bonheurs et des malheurs, c'est le hasard souvent qui nous guide vers notre propre destin...En fait si tu lis ou relis la nouvelle de G. de Maupassant, le bonheur fôlé procède plus d'une sorte de laisser aller du personnage que de la timidité ou naîveté ; d'ailleurs cela m'a surpris un peu à la lecture, j'ai donc choisi de dévoyer un peu l'esprit de cette nouvelle en faisant de ce personnage un homme plutôt timide que timoré..
La banalité des images en couleur est évidente, je manquais un peu de rigueur en 2006 de ce point vue sans doute. Je viens précisemment de corriger un peu cette faiblesse du montage pour une prochaine projection publique prévue prochainement à Mennecy.
Louijean
 

Re: "Collins ou le bonheur frôlé" de Jean-Louis Terrienne

commentairede Michèle Paret » 22 Nov 2008, 13:40

Le diaporama mène à tout. J'ai relu la nouvelle de Maupassant "Regret". C'est une lecture que je conseille vivement à tous. Vous pouvez, bien sûr la rechercher dans votre édition La Pléiade .
Par curiosité, je voulais voir dans quelle mesure Jean-Louis s'était inspiré de cette oeuvre. Certes, il y a des similitudes : l'âge... 62 ans, le bel âge à l'heure actuelle, mais pas à la fin du XIXe siècle. Oui, on n'est plus tout à fait jeune mais quant à ne voir que la perspective de la mort.... quelle tristesse ! Pour nous, il y a celle de créer des diaporamas, même si parfois on frôle le succès ! Les vues d'intérieur illustrent bien l'espace rétréci dans lequel évolue le narrateur (chez Maupassant, il va de la cheminée à la fenêtre...)
Mais Monsieur Saval est pour moi, un gros maladroit, quelque peu balourd et pas très futé. Si sa vie est ratée, c'est à cause de sa nonchalance. Quant à la belle, je la trouve très entreprenante et aguicheuse... D'ailleurs, à la fin de la nouvelle, elle l'avoue, même si à 58 ans, elle n'a plus guère d'appâts.
C'est toujours intéressant de voir comment la lecture d'un grand maître a pu inspirer un amateur. Dans le diaporama, j'aime bien le côté un peu gauche de l'homme qui frôle le bonheur comme il a frôlé la joue de la bien-aimée.
Collins a aussi frôlé la surface de la lune.
Michèle Paret
 

Re: "Collins ou le bonheur frôlé" de Jean-Louis Terrienne

commentairede jp » 25 Jan 2009, 05:13

Il fallait oser mêler deux mondes aussi différents. C'est réalisé avec beaucoup de bonheur pour le spectateur. Les transitions sont superbes

édit de dccn : commentaire remis dans cette analyse
jp
 

Re: "Collins ou le bonheur frôlé" de Jean-Louis Terrienne

commentairede mary » 27 Déc 2009, 22:33

Rapprochement étrange de prime abord -pour la profane que je suis- qui se justifie ensuite par la poésie
mary
 


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