Merci à Michèle pour cette analyse.
L'histoire de Maria a été brodée par notre ami Pierre Gouletquer à partir d'une anecdote vraie que lui a raconté Pascal Jaouen, le maître brodeur dont Myrtille, sa fille, est une élève. Le talent du conteur est de tricoter une histoire que l'on peut apprécier de plusieurs points de vue, aussi bien à partir de la vie quotidienne du Pays Bigouden au XXème siècle, que de la mise en valeur du travail obscur des petites mains, le plus souvent occulté.
Mais s'il est facile en paroles de décrire un fil noir sur des tissus noirs, il est bien difficile de le voir, et donc de le photographier!
Pour ce qui est des photos de défilés, la première difficulté était de cadrer avec un minimum de "parasites" (souvent en contre plongée); la seconde était de garder l'atmosphère de la fête: c'est pour cela que les photos ont été peu retraitées. Ensuite il fallait choisir des attitudes qui correspondent au contenu du texte, sans pour autant stigmatiser les personnes.
Nous avons eu la chance d'accéder non seulement aux défilés, mais aussi aux coulisses, et aux souvenirs de famille. Les mains de Myrtille, les miennes et celles de ma mère ont tiré l'aiguille et suivi le fil du temps.
La première fois que ce montage a été présenté en public sur place, quand les spectateurs nous ont remerciés d'avoir montré le travail des petites mains, nous avions gagné une manche (ouaf!). Mais que le montage soit apprécié aussi en dehors de sa zone d'origine est pour nous une grande satisfaction, qui montre que le public dépasse la chatoyance des images pour apprécier le fond de l'histoire.
Claudine et Jean-Pierre